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  • Photo du rédacteurMOTHER MOÏRA

Bonne fête maman


Ce dimanche, c’est la fête des mères.

Depuis tout à l’heure, j’ai envie d’écrire, de t’écrire.

Mais je calme mon enthousiasme, me disant qu’écrire le jour-même sera plus approprié, que les mots seront plus authentiques à ce moment-là.

Mais est-ce vraiment le cas ? Est-ce que le moment n’est pas justement celui-là, où les mots me viennent naturellement ? Cet instant spontané où les lignes s’écrivent d’elles-mêmes ?


Trêve de bavardages interne, ce soir, j’écris.

Avec trois jours d’avance, tant pis.


Ce matin, en écrivant un post Instagram spécial fin d’exposition, je me suis aperçue qu’elle finissait justement le jour de la fête des mères. S’en est suivis un long flash-back interne à propos du parcours de ma MArTRESCENCE, et des synchronicités apparues sur sa route, notre route.

Du jour où j’ai appris ta mort à ce dimanche de fête des mères, tout concorde.

Avec le recul, les événements prennent un nouveau sens, fluide, évident ; je te dois tout, maman.


Le jour où tu es morte, je venais de recevoir une proposition de travail en tant qu’assistante d’artiste. C’est dans l’atelier temporaire de cet artiste, que j’ai appris ton décès. Directement, je t’en ai voulu ; « ça y est, encore une fois, jusqu’au dernier souffle, elle arrive à me couper dans mes projets et me gâcher la vie ! ».

Je n’avais rien compris.

En fait, c’était le point de départ d’un tournant décisif dans mon cheminement artistique.

Tu m’as poussée sur un autre chemin ; le mien.


Alors que j’étais préoccupée par des recherches formelles abstraites, il fut inévitable pour moi de revenir à du dessin figuratif et direct, spontané, à gros coups de mines de plomb.

J’ai puisé les éléments de ce travail et ceux qui ont suivis dans les quelques carnets et albums photos que j’ai pu récupérer.

Ma matière première était « ce qu’il reste de toi ».

Aujourd’hui, je pourrais appeler cette matière « ce qui commence par toi ».


De tout ce processus de deuil, de quête de soi, de vérité, de réponses, tu m’as amenée à trouver les réponses en moi et à matérialiser mon parcours grâce à la création artistique.


D’aussi loin que je me souvienne, tu as toujours nourri et encouragé mes capacités artistiques et créatives. Tu m’as donné l’espace pour me déployer. Parfois trop. Nul n’est parfait. Et en étant cette mère imparfaite, tu m’as donné autant de matière à développer dans mon art.


N’est-ce pas sous la noirceur du charbon que le terreau est encore plus fertile ?


Malgré ton apparente absence, tu es toujours là, tu me suis sur mon parcours.


19 mars 2018, ce matin où j’ai laissé ton cercueil descendre en terre, accompagnée par ton cher Major Tom.

Trois ans plus tard, China Girl m’amenait moi et ma sculpture maternelle, sur le chemin de ma première exposition officielle, à la Châtaigneraie.


Ce dimanche, elle tirera sa révérence dans ce lieu, le jour de la fête des mères.

Mon dernier jour avec elle dans cet espace, je le passerais à tes côtés, dans notre utérus, lovée l’une contre l’autre, partageant la joie de cette étape ensemble.


Toi qui accordais tant d’importance à cette fête, te voilà servie ! Je pense que rien n’aurait pu te faire plus plaisir, que de participer avec moi à ce premier événement marquant, de ce qui j’espère, n’est que le début d’un parcours artistique riche, productif et lumineux !



Je sens ta fierté m’irradier, elle me traverse avec tellement d’émotions.

Ce n’est que le début.

Partout, avec moi, je t’emmènerais.

Tu n’es plus mon fardeau, tu es mon terreau.


Je te dis à bientôt maman, pour une merveilleuse fête.


Moïra.

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